Puis la fin de l'année arrive. Vite, très vite, parce que, finalement, t'étais tellement préoccupé par le fait de te plaindre que tu t'es même pas rendu compte que le temps passait. Y commence à faire beau, mai, juin, le soleil et tout. Tu sors, tu t'éclates, et là tu te dis "merde, c'est déjà fini". Là, tu commences à tout voir mieux, tu te dis que cette année de seconde en fait elle était géniale, t'es limite triste que ce soit fini. Et t'y crois, en plus. T'enjolives tes souvenirs. J'aime bien ce truc. C'est comme quand tu vas à un concert : quand t'es dans la salle, t'as mille fois trop chaud, tout le monde t'écrase, tu vois rien, t'as les oreilles qui vont exploser. Et puis quand tu sors, les seuls souvenirs qui te restent sont les bons. T'oublie la chaleur, la soif, l'étouffement. Tu te dis que c'était une soirée géniale, t'es triste que ce soit fini, et le pire (le mieux ?) c'est que tu le crois vraiment, tu le penses vraiment. Alors que, sur le coup, c'était genre trois fois moins cool.
Reprenons. Ca te fait donc le même effet pour cette année. Dans ta tête, c'était trop cool. Et puis c'est l'été : tu passes un mois de juin génial, un mois de juillet génial, un mois d'aout génial. Tu rencontres plein de gens, évidemment "ou se reverra après les vacances" (ou pas). Bref, tout va bien.
Et là tu retournes au lycée. Cette fois-ci avec moins d'espoir on va dire, tu sais déjà comment c'est, tu t'fais pas d'illusions. Et puisque tu t'imaginais rien, c'est mieux que tu t'imaginais. Les gens sont cool, les cours sont intéressants, le week-end tu sors. Tout va bien. Vraiment. L'hiver, Noël, le jour de l'an, tout arrive dans l'ordre, normal, et puis tout va bien. Voyage en Angleterre, tu te sens un peu hors sujet, des fois, mais ça va, parce que après tout tu t'en fous. T'as décidé d'arrêter de suivre les gens.
Tout va bien, ou à peu près. Sauf que maintenant tu dois penser à ton orientation. Aah, l'orientation. Super. "Pensez à votre orientation", "n'oubliez pas de réfléchir à votre orientation". T'as envie de leur dire mais arrête, arrête de me montrer tes ptits schémas pourris avec des petits rectangles pour chaque filière, arrête de m'expliquer que ce que je veux faire c'est mort parce que y a pas de débouchés, arrête de me pourrir mon truc. Parce que tu crois que conseillère d'orientation ça a de l'avenir, tu crois que c'est épanouissant comme métier ? Bref, démerde-toi, c'est pas de ce côté là que tu vas trouver de l'aide.
Après tu trouves, le truc que tu veux vraiment faire, les études qu'il faut faire pour y arriver. Y faudra travailler, comme une ouf. Travailler, encore et toujours. Ca t'intéresse, mais la perspective a de quoi effrayer. Enfin bon, t'as trouvé, ça te fait déjà ça. Y faut éviter de trop se poser de questions, à partir de là.
Le démarrage risque d'être plutôt difficile. Le reste suivra.
Pas le choix, de toute manière.
La suite demain (ou pas).
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